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Hongrie : la sape de la liberté de la presse


Ces dernières années, le gouvernement ultraconservateur hongrois a plusieurs fois défrayé la chronique internationale pour son muselage de la presse. A l'automne 2014, les habitants du pays se sont massivement mobilisés pour dénoncer le projet de taxe Internet. La contestation a été telle que le Premier ministre Viktor Orbán a fini par renoncer au projet.

Protestation contre le taxe Internet.
(© picture-alliance/dpa)


L'adoption d'une loi sur les médias en 2011 avait déjà valu à Orbán de très vives critiques, dans son pays comme à l'étranger. Prévoyant un durcissement du contrôle des médias, elle avait même poussé l'UE à réagir. Cette loi intimait aux journalistes des médias publics d'effectuer une "couverture équilibrée" et de "cultiver l'identité nationale". Orbán a créé un nouveau comité de surveillance des médias auquel il s'est empressé de nommer ses fidèles partisans, tandis qu'un millier d'employés de la radiotélévision publique ont été licenciés. La Commission européenne a eu une réaction inhabituellement virulente et a condamné une loi jugée contraire aux principes fondamentaux de l'UE.

Le paysage médiatique hongrois se caractérise par l'antagonisme entre les deux camps politiques qui se sont formés depuis la fin du communisme : d'une part le parti ultranationaliste actuellement au pouvoir, Fidesz ; de l'autre le successeur du parti unique de l'ère communiste, le parti socialiste (MSZP). Ces 25 dernières années, beaucoup de médias imprimés ont été influencés par l'une ou l'autre de ces deux familles politiques.

Les grands groupes de presse internationaux qui se sont implantés en Hongrie après la chute du communisme en 1989 sont peu nombreux à avoir pu s'y maintenir. En mai 2014, le groupe de presse Sanoma s'est retiré de Hongrie ; trois mois plus tard, c'était au tour du groupe médiatique Funke de revendre sa participation majoritaire à l'hebdomadaire hvg. L'éditeur suisse Ringier a transféré à une société de participation autrichienne les parts qu'il détenait au premier journal d'opposition Népszabadság. Le désengagement des groupes de presse est probablement lié au recul phénoménal du nombre de lecteurs et à la forte baisse du tirage de certains médias au cours de la dernière décennie.

Outre la loi sur les médias et ses répercussions directes, des observateurs voient d'autres écueils à la liberté de la presse en Hongrie : un certain nombre d'hommes d'affaires richissimes font valoir leurs relations pour contrôler de grands pans du marché médiatique. L'introduction d'une taxe sur les recettes publicitaires vise en tout premier lieu la chaîne privée RTL Klub. Privés de la possibilité d'acquérir des annonces publiques, les journaux indépendants dépérissent. Le limogeage du rédacteur en chef du deuxième portail d'information Origo a été considéré par les observateurs médiatiques européens comme une ingérence du pouvoir. Origo avait révélé au public les dépenses outrancières d'un puissant politique.

Classement pour la liberté de la presse :

Reporters sans frontières : rang 65 (2015)
Freedom House: rang 71 (2014)

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