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La grande collecte d'informations


Ai-je déjà effectué plus de 10 000 pas aujourd'hui ? A quand remonte mon dernier examen de dépistage du cancer ? Nous ne serons bientôt plus les seuls à nous poser ces questions. En effet, les premières compagnies d'assurances veulent désormais recueillir ces informations au sujet de leurs clients. L'Europe débat de la question des coûts et de l'utilisation du Big Data.


Foto: Justin Grimes (CC BY-SA 2.0) bit.ly/1GM6E3H


La compagnie d'assurances Generali a annoncé en novembre dernier qu'elle serait la première grande compagnie d'assurance européenne à collecter des informations concernant la forme physique, l'alimentation et le mode de vie de ses clients qui se verraient d'ailleurs accorder d'importantes remises s'ils acceptent de jouer le jeu. Une application permettra de documenter les bilans de santé et de mesurer les activités sportives. D'autres compagnies d'assurances souhaitent lui emboîter le pas. Les militants pour la protection des données montent au créneau et le quotidien finlandais Helsingin Sanomat reste sceptique quant à cette initiative: "Naturellement, chacun est libre de faire ce qu'il veut, et d'envoyer à son assurance, par exemple, le nombre d'abdos qu'il a effectués, un tableau Excel sur son entraînement de jogging ou encore son indice de masse corporelle. ... Ainsi, ceux qui sont disposés à communiquer leurs données peuvent le faire et bénéficier de remises, et les clients qui ne le souhaitent pas n'en bénéficieront pas. ... Mais au-delà de pouvoir distinguer les personnes soucieuses de leur santé des autres, c'est ce que l'entreprise peut faire avec toutes ces données qui doit retenir notre attention.

Adieu la vie privée ?

Le terme Big Data est utilisé pour désigner la collecte et l'analyse de quantités astronomiques de données. Les données que nous générons chaque jour par le biais des réseaux sociaux, lorsque nous effectuons des achats, des recherches sur Internet ou encore quand nous téléphonons. Ses détracteurs critiquent avant tout le fait que nul ne sait quelles données sont recueillies ni qui peut y accéder. Le Big Data offre pourtant un énorme potentiel, réplique le quotidien économique De Tijd avec enthousiasme: "Aux États-Unis des épidémies de grippe peuvent déjà être localisées en regardant le nombre de fois où le mot grippe a fait l'objet d'une recherche Google. Les Smartphone vous indiquent également la présence d'embouteillages si vous enregistrez le trajet que vous effectuez chaque jour. Pour la première fois, la 'physique sociale' devient possible. Et pas uniquement par quelques tests réalisés sur une poignée d'individus, mais en étudiant le comportement de centaines de milliers de personnes pendant une longue période. Cela ouvre un grand nombre de possibilités pour une organisation optimisée et plus intelligente des villes. Et ne pourrions-nous pas faire quelques concessions en ce qui concerne notre vie privée au nom de progrès ?"

Enrique Dans, blogueur et Professeur en informatique à l'IE Business School de Madrid, pense lui aussi que les avantages du Big Data prévalent sur les inconvénients. Il souligne toutefois la nécessité dans ce domaine de disposer d'une technologie capable d'interpréter les données : "Que faire des innombrables données générées par les capteurs d'une smartwatch par exemple ? Nous sommes déjà saturés en informations dont nous ne pouvons analyser qu'1% tout au plus. La solution serait d'utiliser d'autres machines pour les décortiquer. Des machines capables d'apprendre constituent le seul moyen pour mettre de l'ordre dans ce flux de données constant et lui donner un sens.

Combiner le Big Data et l'Open Data

Cependant, le Big Data ne pourra atteindre son véritable potentiel économique, que si une autre condition indispensable est remplie, qui permettrait de résoudre par ailleurs le problème du manque de protection des données explique l'analyste Joel Gurin de la New York University dans le Guardian. Il faudrait en l'occurrence que les gouvernements permettent à toute personne d'accéder gratuitement aux données qu'ils ont recueillies sous forme d'Open Data. "Paradoxalement, l'ouverture spécifique et contrôlée de ces données sensibles permettrait justement de les sécuriser davantage. Si nous avions accès à plus d'informations, nous pourrions avoir plus de contrôle. Le Big Data ainsi que l'Open Data peuvent transformer les entreprises, les gouvernements et les sociétés. Une combinaison des deux serait particulièrement efficace. Le Big Data nous offre le pouvoir incomparable de comprendre, d'analyser et enfin de changer le monde dans lequel nous vivons. L'Open Data permet d'assurer que ce pouvoir sera partagé et que le monde que nous changeons deviendra, avec un peu de chance, plus juste et plus démocratique.

Un moteur pour les services

L'Estonie tente de combiner le Big Data et l'Open Data. Toutes les autorités gouvernementales, des agences pour l'emploi aux archives en passant par les services de police ont récemment téléchargé leurs données sur un portail en ligne. Elles étaient déjà accessibles à tous gratuitement auparavant, mais désormais elles sont réunies sur ce portail. Uuno Vallner, spécialiste en informatique auprès du ministère de l'Economie reconnaît sur le portail en ligne Delfi les avantages économiques qu'offre avant tout cette solution: "L'Open Data est ainsi une sorte de moteur permettant d'alimenter les services des secteurs privés et publics. Il offre plus de transparence et de souplesse à notre pays, de nouvelles opportunités aux entreprises pour créer des applications et les citoyens, quant à eux, peuvent bénéficier de meilleurs services. Les entreprises peuvent combiner les données à d'autres et s'en servir pour développer de nouveaux services. Et au niveau européen, une plus grande ouverture ainsi qu'un accès plus facile aux données publiques généreraient des bénéfices annuels de 40 milliards d'euros.

 

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